bejaia a travers ses sites et monuments historiques

  

I-Les berbères :

                  Les Berbères sont les premiers habitants de l’Afrique du nord. Ils étaient là bien avant les Phéniciens, les Carthaginois, les Romains, les Arabes…En fait, aussi loin qu'on remonte dans le passé, l'Afrique du Nord a toujours été occupée par des Berbères. Les historiens grecs et latins leur ont donné plusieurs noms : Garamantes du Sahara, Maures et Sanhadjas implantés dans la zone intermédiaire Algérie - Mali - Maroc, Numides et Gétules de Tunisie et d'Algérie, Nasamons et Psylles de Lybie, ...etc.  Au Maroc, les berbères représentent actuellement environ la moitié de la population marocaine. Ils sont essentiellement concentrés dans le Rif, l'Atlas et le Souss. Ce peuple, très fier, et qui a toujours opposé aux envahisseurs successifs des résistances farouches, a ses traditions ancestrales, ses langues, ses dialectes et de très belles coutumes. Mais depuis quand exactement les Berbères sont-ils là ? Quelle est leur origine ? Comment s'est organisée leur résistance face aux différents envahisseurs? 

Pour ce qui est de l'origine des Berbères, ça a suscité beaucoup de débats. Différentes théories et légendes circulent sur ce sujet. A l'époque romaine, au V éme siècle avant J-C, on suggérait qu'ils descendaient des Troyens de l'Asie mineure. D'autres leur donnaient une origine égéenne ou grecque. Des écrits datant du Moyen âge, suggèrent plutôt que les Berbères descendent d'un aïeul nommé MAZIGH. Certains ont aussi rapproché "la langue berbère" à la langue égyptienne ancienne.

En fait, les Berbères, très farouches et assoiffés d'indépendance, ont toujours combattu ceux qui voulaient les soumettre. Au temps des Romains, les tribus berbères se sont soulevées et ont réussi à sauvegarder leur originalité face à cette invasion. 

Au cours du VIII ème siècle, les Berbères se sont convertis massivement à l'islam. L'originalité berbère, malgré les différentes pénétrations, a subsisté. Elle s'exprime de nos jours dans leurs traditions et leurs coutumes.

Le nom de Kabylie est la forme européanisée de l’arabe kbayl (tribus). Il ne semble pas que les historiens et les géographes d’expression arabe s’en soient servi dans leur nomenclature pour désigner une région quelconque de la Berbérie au Moyen Âge. Cette dénomination a été introduite par des voyageurs européens. De nos jours encore, seuls en usent en Algérie les sujets s’exprimant en français. L’arabophone dira blad lekbayl (pays des tribus), kbayl étant traité ici en véritable nom propre. Quant aux Kabyles eux-mêmes, ils emploient un terme appartenant au très ancien fonds berbère : tamourt, la terre, la terre natale, la patrie, le pays.

Ce « tamourt » n’a jamais connu de frontières bien définies. Il eût fallu pour cela qu’il se constituât en Etat, et les Kabyles ont été de tout temps farouchement opposés à une hégémonie politique qui eût rendu impossible à leurs yeux l’application d’un principe de gouvernement solidement ancré dans leurs mœurs : le contrôle direct et rigoureux d’un pouvoir central électif.        

Le rejet d’une autorité commune de quelque importance ne signifiait cependant pas absence de cohésion.

De récentes découvertes anthropologiques nous permettent maintenant de mieux expliquer l'origine et la provenance du peuple berbère. A la lumière de ces découvertes, il semble que ce peuple pourrait être considéré comme la souche d'où se seraient détachés les rameaux humains qui forment, actuellement, les diverses races blanches du Globe. Des anthropologistes éminents s'accordent, en effet, pour placer le berceau de humanité en Afrique. C'est ce qui ressort des travaux, notamment du Professeur Leakey au Kenya et au Tanganyika.    

   L'évolution :

                  La lecture des auteurs anciens montre, en effet, une Kabylie tantôt cernée et réduite à ses seules montagnes  inaccessibles, tantôt jetant sur les plaines ses guerriers qui contraignaient les colons à se regrouper dans les villes fortifiées et  les légions à reculer, à " regagner leurs quartiers d’hiver " selon la pudique expression des historiens latins. Le même spectacle est offert au Moyen Age successivement avec les Vandales, les Byzantins et les Arabes.

L’historien des Berbères, Ibn Khaldun, fournit des indications précieuses sur la formation et l’évolution du bloc montagnard kabyle entre le VIIIe et le XIVe siècle. Jusqu’au XIe siècle, le domaine kabyle s’étendait sur un vaste territoire compris entre Annaba (Bône) et Cherchell au nord, et les monts sahariens au sud. Trois groupements berbères importants s’y côtoyaient, unis par un même dialecte et des alliances politiques plus ou moins durables : les Sanhadja à l’ouest de Dellys, les Zouaoua à l’est jusqu’au port de Béjaia (Bougie) et les Ketama entre ce dernier et celui de Annaba. À partir de la seconde moitié du XIe siècle, il ne cessera de se rétrécir, d’abord sous les coups de boutoir des Arabes (Banu Hilal et Banu Soulaym) venus d’Égypte, ensuite sous la pression des dynasties berbères qui se succédèrent en Afrique du Nord entre le XIIe et le XIVe siècle. Plus ouverts, l’Est, l’Ouest et le Sud en souffrirent tout particulièrement. À la fin du siècle, il ne restait plus des trois grandes confédérations que celle du centre, la Zouaoua, amputée de ses hauts plateaux, mais héritant sur ses flancs de quelques débris des territoires peuplés par ses anciens alliés dont elle reçut le flot de réfugiés. Elle occupait alors un quadrilatère compris entre l’oued Agrioum à l’est, l’oued Boudouaou à l’ouest, la Méditerranée au nord, et une ligne allant de Sétif à Sidi-Aïssa au sud.

Ces limites ne subiront plus de changement notable. L’installation de quelques bordjs par les Turcs à l’intérieur, dès la première moitié du XVIe siècle, ne semble pas avoir mis en cause le principe de l’existence en Algérie d’une Kabylie autonome sur les terres de laquelle s’étaient constituées trois principautés dans le dernier quart du siècle précédent : Kokou, Abbès et Juber. Leur reconnaissance tacite par les représentants de la Porte à Alger fut une étape importante dans la formation de la Kabylie. Ils en fixèrent approximativement les frontières que trouveront les Français au début du XIXe siècle. Quand le pouvoir des deys s’effondra en 1830, les Kabyles tentèrent encore une fois, mais sans succès, de rompre l’encerclement et de recouvrer les riches plaines dont ils avaient été dépossédés.

D’ailleurs les Français, soucieux de neutraliser au début de la conquête de l’Algérie une population nombreuse, organisée et belliqueuse, ne les en dissuadèrent pas immédiatement. Ernest Carette a laissé un témoignage fort intéressant : " L’absence complète de définition donnait lieu aux interprétations les plus élastiques, aux assimilations les plus erronées. Chaque coin de terre peuplé de Kabyles devenait partie intégrante de la Kabylie. Quelques personnes comprenaient sous ce nom tout le littoral depuis Dellys jusqu’à Philippeville, d’autres l’étendaient encore dans l’Ouest et y faisaient entrer le Dahra et l’Ouarsenis. La Kabylie s’allongeait démesurément. Ayant échappé à l’invasion, elle devenait envahissante à son tour " (Études sur la Kabylie, 1849). En fait, elle n’échappa pas à l’invasion ; on crut même qu’elle disparaissait à jamais. Le colonel Robin pouvait tranquillement écrire en 1901 : " Ainsi s’est effondré en quelques années l’édifice séculaire des libertés traditionnelles qui avaient résisté pendant des milliers d’années aux armées des conquérants [...] Finis Kabyliae ! " En effet, pour mieux l’asservir, la puissance colonisatrice désorganisa ses structures politiques et économiques. Elle pensait l’avoir détruite ; elle ne réussit qu’à lui donner plus de cohésion. Les tribus et les confédérations ayant disparu, les Kabyles cherchèrent et parvinrent à communier dans une Kabylie indivisible.

  Région :             

                  La Kabylie est une région accidentée, parcourue d’ouest en est par deux chaînes de montagnes se rejoignant à leurs extrémités. Dans la partie sud se dresse le massif le plus imposant, culminant à Lalla-Khedidja (2 308 m), le plus célèbre depuis l’Antiquité : le mons Ferratus ( ?) des Anciens, le Djurdjura des relations des Européens ; il finit même par désigner toute la Kabylie. Il décrit un véritable arc de cercle autour des Zouaoua. À l’ouest, il se prolonge en obliquant vers le nord par les monts Maatka auxquels s’adossent les chaînons du Boubrak, qui séparent la vallée de Sebaou de celle de l’Isser. À l’est, il est relayé par deux contreforts, l’un prenant la direction du nord-est jusqu’au voisinage de Béjaia, l’autre celle du sud-est jusqu’aux abords de Sétif. 

La seconde chaîne de montagnes de la Kabylie, qui porte souvent le nom de tribus peuplant ses versants est appelée communément chaîne du littoral, suit la côte entre Dellys et le nord de Béjaia. Elle est moins imposante que la première dont elle ne constitue que les prolongements en direction du nord. En effet, il n’y a guère de véritables plaines entre ces deux massifs. Chaînons et mamelons se rejoignent de part et d’autre, s’enchevêtrent et se confondent. De sorte que l’ensemble se présente sous la forme d’une masse compacte, d’une vaste plate-forme à laquelle on accède par un petit nombre de déchirures qui en constituent les vallées les plus larges. Le sol en est pauvre, mais suffisamment arrosé pour permettre une mise en valeur de chaque pouce de terrain par une population en surnombre d’agriculteurs sédentaires.

La sensibilité du visiteur y est sans cesse sollicitée par la beauté et la variété des paysages naturels. comme par l'originalité des activités humaines. Toutes les formes de distractions s'offrent ici : les plaisirs de la mer et ceux de la haute montagne. la chasse et l'archéologie, la gastronomie et le folklore... Le " shopping " devient la forme achevée de l'excursion, chaque village ayant ses propres fabrications artisanales. On peut facilement acheter poteries. tissages. vannerie. céramique ou bijoux dans un centre officiel, mais il est plus amusant de courir la montagne pour en trouver sur le lieu de production. Ils seront tous marqués du double sceau de l'authenticité et de la qualité.

La Kabylie possède une richesse inestimable : la qualité de l'environnement. Pureté de l'air, nature sans souillure, silence, font du massif du Djurdjura et de la Grande Kabylie dans son ensemble un véritable parc naturel. Le Djurdjura forme, d'ouest en est une barrière continue hérissée de pics calcaires atteignant 2 000. 2 100 ou 2 300 m d'altitude. La neige s'accroche aux parois jusqu'en mai.

Economie : 

                    Les Kabyles sont des paysans essentiellement arboriculteurs en raison de la nature de leur sol qui n’est qu’un vaste réseau de montagnes. Sur les pentes aménagées, ils font croître l’olivier et le figuier qui, immédiatement après le chêne zen, occupent les plus grandes surfaces. Jusqu’à la fin du XIXe siècle, la culture de ces deux arbres tenait la place la plus importante dans les occupations et le revenu des Kabyles. Ils consommaient une partie de leur production d’huile et de figues et commercialisaient l’autre. On fait venir aussi en Kabylie presque tous les types d’arbres fruitiers représentés dans le bassin méditerranéen. Mais à l’exception du raisin de table, du cerisier et de l’amandier, leur produit n’entre guère en ligne de compte dans le budget familial. Quant à la culture des céréales, seuls s’y adonnaient sérieusement quelques privilégiés, propriétaires dans les vallées. Et celles-ci ayant été concédées dans certaines régions à des colons européens à la suite du soulèvement de 1871, les Kabyles furent réduits à importer les neuf dixièmes environ de leur consommation d’orge, de blé et de légumes secs. Il n’existe pas de prairies ni de terrains de parcours en Kabylie. Aussi l’élevage y est-il limité à quelques maigres troupeaux de chèvres, rarement de moutons et de bovins. Ainsi, nature du sol et exiguïté du territoire devaient assez tôt contraindre les Kabyles à s’adonner à des occupations autres que l’agriculture.

Jusqu’au XIXe siècle, ils complétaient leurs maigres revenus agricoles par l’émigration temporaire et l’exercice de plusieurs industries artisanales, notamment celles des armes, du bois et du tissage. Les deux premières disparurent en même temps que la perte de l’indépendance, les forêts ayant été expropriées et les fabriques d’armes fermées par la puissance colonisatrice.

Bien qu’il ne cesse pas de régresser, concurrencé par les étoffes venues d’Europe, le tissage s’est maintenu grâce au port du burnous et à la confection de couvertures en laine encore fort appréciées des Kabyles. Mais il ne constitue pas, comme par le passé, une source importante de revenus. À part la bijouterie, d’ailleurs en voie de disparition, l’artisanat kabyle a vécu. L’émigration, elle, et pour cause, a évolué dans un sens tout à fait opposé. Bien avant l’arrivée des Français, les Kabyles sillonnaient toute l’Algérie et une partie de la Tunisie, exerçant les métiers les plus divers, mais ne se fixant que très rarement en dehors de la Kabylie. La colonisation et le progrès technique rendirent l’émigration impérieuse et massive. De nos jours, les trois quarts environ des hommes kabyles valides et en âge de travailler vivent hors de la Kabylie vers laquelle cependant sont tendus tous leurs efforts. Le manœuvre de chez Renault à Paris, comme le plus haut fonctionnaire de l’État algérien sont, en effet, animés par un seul et même but : faire vivre la Kabylie, le premier en envoyant des sommes d’argent durement amassées, le second en s’y construisant une résidence, en faisant assurer à gros frais l’entretien de terrains dont il sait d’avance qu’il ne retirera aucun profit, enfin en casant les enfants du pays qui, d’ailleurs, demeurent toujours ses égaux et devant lesquels il doit se dépouiller de tout le prestige que lui confère sa position dans la hiérarchie du pouvoir politique

Le peuple : 

                   À quel moment le nom kbayl francisé en Kabyles s’appliqua-t-il aux habitants de cette masse de montagnes dominées par le Djurdjura ? Ibn Khaldun n’en use pas au XIVe siècle dans son Histoire des Berbères . Ni Luis del Mármol ni Léon l’Africain au XVIe siècle ne mentionnent les Kabyles pour désigner les Berbères d’une région déterminée de l’Afrique du Nord. Reprenant la tradition khaldunienne, Mármol appelle " Azouagues " (Zouaoua) les habitants du littoral algérien. Ce n’est qu’au XVIIIe siècle que " Kabyle " fait son apparition comme nom propre dans la littérature historique et géographique de l’Afrique du Nord. Le voyageur anglais Thomas Shaw, dans ses Travels , appelle de ce nom tous les Berbères de l’Algérie septentrionale : " À en juger par la situation et l’idiome propre et particulier des Kabyles, qui diffère matériellement de l’arabe, on est porté à croire que c’est le seul peuple de la Brbarie qui ait quelque analogie avec les anciens habitants de l’Afrique. " Et à propos des Zouaoua, on peut lire sous la plume du même auteur : " Les zouôouh [sic ], qui sont les plus nombreux et les plus riches Kabyles de cette province [Constantine], habitent les montagnes inaccessibles à l’est, du Sebôe [Sebaou]. " Au XIXe siècle, l’occupation française consacra définitivement le nom, d’abord pour désigner les Berbères de l’Algérie septentrionale, ensuite uniquement ceux du Djurdjura et de ses prolongements. On les appelle bien encore Zouaoua, mais accessoirement ; ils sont kabyles avant tout. C’est sous ce nom qu’ils firent leur entrée dans l’histoire moderne.

Le village :

                  Les Kabyles vivent encore groupés en villages généralement assez importants, pouvant atteindre plusieurs milliers d’âmes et ne descendant que rarement au-dessous de cinq cents, et bâtis sur les pitons de montagnes ou sur les sommets de mamelons séparant les vallées. Qu’ils soient de forme allongée ou circulaire, ils ont été conçus de façon à pouvoir être efficacement défendus, du moins avant que l’artillerie ne fasse son apparition. Ils portent le nom de touddar , pluriel de taddart Les maisons, toutes en dur, généralement sans étage, couvertes de tuiles rouges, s’écrasent les unes sur les autres au point que, vues de loin, elles donnent l’impression de n’en former qu’une seule, immense. Le village, zébré à l’intérieur par de nombreuses impasses, souvent taillées dans le roc, n’ouvre sur l’extérieur que par deux ou trois rues. Il est très rare qu’il soit entouré d’une muraille. Sans doute se modernise-t-il chaque jour, mais, dans l’ensemble, son visage n’a pas changé. 

Il y a un peu plus d’un siècle, ce village constituait une unité politique et administrative complète, un corps qui avait sa propre autonomie. Il était administré par une assemblée (djemaa ) composée de tous les citoyens en âge de porter les armes ; elle assurait le respect des règlements en vigueur, abrogeait les anciens et en édictait de nouveaux si le besoin s’en faisait sentir ; elle décidait de l’impôt et de la guerre, administrait les biens de mainmorte et exerçait sans partage le pouvoir judiciaire. Par délégation, elle se déchargeait de l’exercice de ces pouvoirs sur un chef de l’exécutif appelé, suivant les régions, lamin (homme de confiance), amukran (ancien, dignitaire), ameksa (pasteur), élu par tous les citoyens majeurs réunis en assemblée plénière. Il présidait la djemaa , assurait la mise en application de ses décisions et préparait les affaires à lui soumettre. Il était assisté dans ses fonctions par un oukil et des tamen . L’oukil , généralement recruté au sein du parti hostile à celui du lamin , gérait la caisse publique et contrôlait les agissements du chef de l’exécutif. Les tamen (mandataires) étaient désignés par les fractions du village pour les représenter dans les réunions restreintes et faire appliquer les décisions de l’assemblée, qui étaient prises en réunion plénière après des débats où tout citoyen, sans distinction de condition sociale, pouvait émettre et défendre ses opinions sur tel ou tel problème, proposer des solutions, voire s’opposer à l’exécutif. La continuité de cette organisation politico-administrative était assurée par les kanoun , sortes de chartes dont certaines dispositions fondamentales doivent remonter aux temps les plus reculés. Bien que non écrits, ils représentaient l’autorité matérielle la plus élevée et prenaient le pas sur la religion même. 

Le malaise : 

                  Le village kabyle de type traditionnel n’existe plus. Son assemblée perdit progressivement ses prérogatives entre 1857 et 1962. Son lamin fut fonctionnarisé et ses kanoun interdits. Après l’indépendance de l’Algérie, l’organisation des communes mit fin aux assemblées de villages. Cela ne va pas sans difficulté. Les Kabyles, qui ont toujours été très attachés à l’indépendance, peuvent-ils s’adapter à un système de gouvernement, fût-il " démocratique et populaire ", où le citoyen ne jouit d’aucune liberté individuelle ? Leur rébellion au lendemain de l’indépendance et leurs réserves à l’égard du pouvoir actuel traduisent un malaise qui ne trouvera sa solution que dans la reconnaissance du fait kabyle. Mais il ne semble pas que l’on s’oriente dans ce sens. L’acharnement que l’on met à vouloir détruire la langue kabyle en est une des preuves.

Or, après la disparition des institutions politiques de la Kabylie, son originalité ne réside plus que dans la langue, instrument de résistance efficace dans le passé, non à l’époque moderne où l’instruction publique généralisée favorise les hégémonies linguistiques.

  La langue :

                  La langue berbère est l'une des plus anciennes langues de l'humanité. Elle est, actuellement, parlée par les autochtones de 'Afrique du Nord. M. Henn thole, diplômé de l’institut d’Ethnologie et de l’École d'Anthropologie de l'université de Paris, écrit dans Son livre Les Touaregs du Hoqgar: Malgré les invasions puniques, romaines, vandales, byzantines (ajoutons arabes), la langue libyenne ne semble pas avoir été altérée par les influences étrangères et n'a fait que retenir de chacune quelques termes qu'elle a adoptés. Dans sa forme moderne. c'est-à-dire berbère. elle est encore parlée dans les oasis égyptiennes de Siouah et d’Augilia. à Sokna dans le Djebel Nefouza, à Djerba, dans l’Aurès, en Petite Kabylie, aux environs de Lalla Marnia. dans de nombreuses tribus au Maroc, en particulier chez les Chleuhs, dans certaines villes sahariennes comme Ghadamès. Glot, Ouargla, au MZab, dans quelques oasis de la Saoura et, enfin, chez les Touaregs.

Les habitants de toutes ces contrées citées par M Henri Lhote, sont les descendants de ce peuple berbère qui, dès l'époque de la formation des premières sociétés humaines, occupa la partie du Nord de l'Afrique qui s'étend de la Mer Rouge aux îles Atlantiques et du Niger à la Méditerranée.

Les berbères à l'origine des races blanches : 

                  M. Eugène Guernier, toujours dans son livre L'apport de l'Afrique à la pensée humaine, parlant de cette expression de la pensée, écrit : Peut être l'Africain, ayant vécu pendant des millénaires dans la béatitude d'une conscience naissant au cœur d'une société encore dans l'enfance de son grégarisme, s'est-il contenté de formes d'expression plus archaïques, mais schématiques jusqu'au jour, beaucoup plus près de nous, où il utilisera, comme parfois en Afrique du Sud, des signes vocatifs, tandis que, plus tard, l'Égyptien usera de signes idéographiques comme les hiéroglyphes et que le Berbère inventera, lui aussi un certain nombre de signes vocatifs dits "Tifinar".

Il apparaît donc, en s'appuyant sur toutes ces données, scientifiquement établies, que. le groupement humain, établi en priorité au Nord de l'Afrique, est bien le tronc, Si l'on peut s'exprimer ainsi, de la généalogie humaine, d'où se seraient détachées les lignées blanches de l'Europe et de l'Asie.

La langue de ce groupement de base, parlée depuis les premiers balbutiements de ces peuples primitifs et grégaires, encore en usage actuellement chez les habitants des oasis égyptiennes et sahariennes, chez les Kabyles de l'Algérie, chez les montagnards du Maroc et chez les insulaires des îles Canaries, est la langue berbère. Il est indéniable que les plus anciens documents d'expression du langage, retrouvés dans le Nord de l'Afrique, qu'ils soient idéographiques comme les hiéroglyphes, ou consonantiques comme les « Tifinar », expriment des mots berbères. Citons en exemple certains hiéroglyphes, exprimant des mots berbères. 

Compris de nos jours: Ce mot signifie boire : il se prononce «swi», du verbe berbère «swa » de même signification Ce mot signifie femme et se prononce "ta metouTe", mot berbère actuel pour désigner la femme. Grammaire élémentaire de Moyenne Égypte, par le Dr A. Du Buck.

La première écriture : " Le Tifinar "

De même, les tifinar expriment des mots berbères. M. Henri Lhote, dans son livre Les Touaregs du Hoggar, pariant des inscriptions de tifinar, s'exprime en ces termes: Les plus anciennes comprennent des signes qui ne sont plus en usage et sont incompréhensibles pour les Touaregs. Elles commencent ordinairement par trois ou quatre points en ligne, suivis d'un rond, lequel est suivi de trois traits parallèles tracés longitudinalement par rapport au sens de l'inscription.

Elles sont localisées au "Tassili; au Ahaggar. dans l’Adrar des Iforas... Les inscriptions d'époque moyenne ou intermédiaires comprennent des signes initiaux qui sont ordinairement un trait suivi de trois points en triangle et dont la signification est encore comprise des Touaregs. Ils veulent dire: "nek" ou 'ouannek’; c’est-à-dire ‘ moi’…, il ajoute un peu plus loin: Les plus récentes inscriptions sont matérialisées par le début: forme évoluée de: et qui a la même signification, suivi ordinairement d’un nom propre et de caractères:"tenet"' = ayant dit, la dis - et exprimant ultérieurement une pensée ou un vœu. Il paraît donc hors de doute que les ‘ti­finar’ sont bien un des moyens d'expression de la langue berbère et qu'ils doivent être vraisemblablement les premiers caractères humains exprimant par écrit la pensée de l'homme. Ces caractères très rudimentaires, sont tellement élémentaires et archaïques qu'ils ne peuvent dériver d'aucune autre forme d'écriture. Ils sont représentés par des signes géométriques : qui ne rappellent aucun alphabet connu. Ils accompagnent bien souvent les gravures rupestres des temps les plus reculés. Ils se retrouvent, de nos jours, dans les poteries berbères et dans les tatouages. (Soulignons que le tatouage est une pratique spécifiquement berbère). Ces ti-finar, formés au cours des premiers âges de l'humanité consciente, datent certainement des mêmes époques que celles de la formation des hiéroglyphes que nous pouvons considérer comme les moyens d'expression pictographiques et idéographiques antérieurs à tous les autres. Les plus anciens hiéroglyphes semblent remonter à quatre mille ans avant l'ère chrétienne, alors que l'écriture chinoise n'apparaît que vers trois mille ans avant Jésus-Christ et que les écritures pictographiques des Amériques (Mayas et Aztèques) datent du VIII siècle avant Jésus-Christ. 

Les tifinar apparaissent, associés aux hiéroglyphes dans des inscriptions de monuments et de statues égyptiennes les plus anciennes. Le plus suggestif à ce sujet est un groupe statuaire en schiste, découvert à Gizeh, actuellement au Musée du Caire, présentant le Mykerinus (IV eme dynastie) entre la déesse Hathor et la personnification du 17 eme nome de Haute Égypte (photo Oropeza) parue dans l'Histoire de l'Égypte ancienne par Jacques Pirenne.

Le texte gravé à la partie inférieure de cette statuette est constitué de signes hiéroglyphiques et de caractères, ressemblant aux tilinar : Il est donc permis de penser que ces premiers signes géométriques que sont les ti-finar ont servi de prototypes dans la formation ultérieure des alphabets qui se sont succédés (Égéens, Akkadien, Sumérien, Phéniciens, Grec).                         

M. Marcel Cohen, Directeur d'Études à l'école des Hautes Études, dans son livre L'écriture, parlant de l'écriture idéographique et syllabique en Mésopotamie, écrit: Il n'est pas sûr que cette écriture soit née sur place ; elle a pu être apportée d'ailleurs, soit dans une migration, soit par emprunt à une civilisation encore antérieure et externe à la Mésopotamie. Cet apport extérieur ne pouvait être que berbère, car il ajoute un peu plus loin: On a retrouvé à Syblos plusieurs stèles et plaques de métal avec des inscriptions on caractères hiéroglyphiques rangés on lignes horizontales d'après les données archéologiques, elles pourraient remonter au moins au deuxième millénaire avant Jésus-Christ.

Le même auteur, dans le même livre, parlant de l'écriture hiéroglyphique et syllabique du bassin oriental de la Méditerranée et régions voisines, écrit: Dans le bassin oriental de la Méditerranée se sont développés des centres de civilisation restreinte. Sensiblement contemporaine des centres égyptiens et mésopotamiens et au moins aussi avancés. La navigation et le commerce maritime ont dû y développer tôt les besoins d'écriture pour les messages, comptes et contrats.

Le centre le plus ancien est celui de Crête où a régné le roi-prêtre Minos (d'où la dénomination "minoens"). Les villes datent d'avant -3000 d'après les données archéologiques. On y a retrouvé, gravés sur des blocs de pierre ou des vases en pierre, des sceaux, des écrits hiéroglyphiques qu'on date en deux stocks) l'un environ de -2900 à 2000, l'autre de -2000 à 1600. Parlant ensuite de l'alphabet consonantique des Sémites occidentaux, il déclare: Il est vraisemblable que l'origine du tracé des alphabets linéaires est pictographique ; des arguments sont donnés ci-après : pour le système, il apparaît partout alphabétique, c'est-à-dire que les caractères sont des lettres, représentant des sons simples et, par conséquence immédiate, étant en plus petit nombre (22 en phénicien) que les caractères égéens. Le stade phonographique intégral paraît avoir été réalisé sans passage par le stade idéographique ni par le stade syllabique du type décrit sous F (11 s'agit des écritures minoennes de Crête). Il faut  indiquer que cette invention remarquable ne s'est produite qu'à une époque relativement tardive, où, du moins d'une manière générale, une progression intellectuelle notable s’était réalisée. Elle se situe dans une région où l'on ne pouvait pas ignorer les éléments phonographiques des écritures incommodes égyptiennes et mésopotamienne et l'usage plus étendu de ces éléments dans les écritures égéennes. 

A l'origine du phénicien et du grec : " le Tifinar "

                  Cette innovation, qui a conduit à la formation des alphabets phénicien et grec, est tout simplement une évolution du prototype que sont les ti-finar. On ne peut s'empêcher, en examinant attentivement les lettres de ces deux alphabets, de constater qu'aussi bien les lettres phéniciennes que les lettres grecques ne sont que la transformation linéaire des ti-finar.

Ces derniers, ainsi que les hiéroglyphes, s'ils formaient une écriture claire et détachée sur les monuments et inscriptions, donnaient dans l'usage courant une écriture compliquée de signes enchevêtrés les uns dans les autres au point de rendre le texte illisible. Cette écriture, dénommée démotique, fit place, dès le premier millénaire, dans les écrits sur papyrus, à une écriture en caractère grecs, permettant une lecture plus aisée.

  La pièrre de rossette : 

                     Il n'est pas rare de rencontrer des inscriptions, portant les trois genres d’écriture. Ainsi, cette inscription faite sur la fameuse « Pierre de Rosette » dont parle Adolphe Erman, Professeur a l’université de Berlin, dans son livre L’Egypte des Pharaons: Cette pierre, écrit-il, porte une triple inscription en haut figurent quatorze lignes d'hiéroglyphes (et ti-finar), au milieu trente-deux lignes de signes curieux et en bas cinquante quatre lignes en langue grecque. Cette inscription grecque permet de reconnaître de quoi il s'agissait. En l'an 196 avant j-C, les prêtres de toute l'Égypte avaient tenu un concile a Memphis et avaient délibéré au sujet des honneurs que l'on devait porter au jeune roi Ptolémée Épiphane, en récompense de tout le bien qu’il avait fait au peuple aux temples, au clergé. On élèverait dans chaque temple une statue du roi à côté de laquelle serait placée une table, rapportant cette décision au clergé. Cette tablette, d'ailleurs, porterait le décret sous trois formes : la première en hiéroglyphes, comme il se devait pour les temples, une autre en langue vulgaire, appelée démotique, et la troisième dans la langue de la cour le grec. Cette évolution de l'écriture, depuis les hiéroglyphes, les tifinar, jusqu'aux alphabets phénicien et grec, nous permet de constater que l'écriture berbère est une écriture antérieure aux autres. M. Eugêne Guernier, toujours dans son livre L'apport de l'Afrique à la pensée humaine, écrit: Nous nous trouvons en présence d'une telle continuité dans l'art dans l'espace et dans le temps, qu'on est on droit de se demander Si l'humanité ne possède pas là tous les éléments écrits, gravés, peints sur et dans la pierre d'une ou plusieurs civilisations artistiques, dont les effets se lisent dans l'art égyptien de l'Ancien Empire qui lui-même a évolué vers celui du Moyen et du Nouvel Empire, on donnant naissance à l’art grec, comme aussi dans l'art préhistorique des cavernes libyennes, espagnoles et françaises, dont on retrouve des traits dans notre propre Renaissance.  

Les malheurs de ces peuples berbères commencèrent après la destruction de Carthage par les Romains. Ces derniers, par la suite occupèrent l'Égypte, puis, après la prise du roi Jugurtha (ils eurent ce roi berbère par trahison) s'emparèrent de l'Afrique du Nord. Les Romains incendièrent, pillèrent, détruisirent et rasèrent les villes des Berbères.

En Égypte, ils brûlèrent la bibliothèque d'Alexandrie qui renfermait des trésors intellectuels. Une partie du peuple berbère se retira dans les montagnes, se replia sur elle-même, s'enkysta. C'est ainsi que disparut leur écriture et que, jusqu'à nos jours, elle est demeurée inexistante. Ceux qui ont succédé aux Romains n'ont rien fait pour le restaurer. Les Vandales, qui remplacèrent les Romains au V e siècle après J-C, n'ont pas favorisé la culture berbère. Bien au contraire, comme l'écrit le général Bremond dans son livre Berbères et Arabes : Les Vandales condamnaient à mort tout indigène convaincu de savoir lire et écrire, fût-ce simplement de savoir signer de son nom.

Le royaume berbère de Djedar : 

                    En 534 après J-C. les Byzantins chassèrent les Vandales et les remplacèrent. Les Berbères étaient sur le point de reprendre leur culture. Rober et Marianne Cornevin, dans leur Histoire de l'Afrique nous apprennent : à la même époque (V et VII siècles), les Berbères de l'actuelle Oranie avaient fondé un royaume, malheureusement très mal connu, appelé "royaume des DJEDAR", du nom de la région de la Haute Mina au sud-ouest de Tiaret, où se dressent treize monuments funéraires en forme de pyramides dont l'un atteint quarante cinq mètres de haut. La dynas­tie des Djedar était berbère et chrétienne, et étendait, semble t-il, sa souveraineté depuis la Moulouya jusqu' à l’Aurès. Malheureusement, cela ne durera pas, car en 840 après J-C, les Arabes déferlèrent sur l'Afrique pour imposer leur religion. A ce sujet, ouvrons une paren­thèse pour parler des religions en Afrique du Nord.

Les religions berbères : 

Depuis les temps les plus reculés, les peuples berbères vouaient un culte aux forces de la nature. Ils avaient divinisé le ciel, le soleil, la lune, les plantes et les animaux. Cette croyance en plusieurs dieux (polythéiste) était soutenue par une morale, d'une extrême sagesse, dite "Doctrine de Ptahotep".

Vers 2700 avant J-C et 370 avant Mohammed, apparut, pour la première fois, une croyance en un Dieu unique, fondée par  Abraham. Cette religion fut adoptée en Égypte par les familles juives qui étaient groupées en tribus, Au moment de "l'Exode", certaines de ces tribus, au lieu de se rendre en Palestine, allèrent vers la partie occidentale de l'Afrique du Nord et gagnèrent à leur croyance de nombreuses populations berbères.

L'avènement de Jésus-Christ (Aissa) fit connaître une nouvelle croyance en un Dieu unique. Cette religion fit de nombreux adeptes parmi les populations berbères du Nord Occidental de l'Afrique. (De nombreux martyrs chrétiens berbères périrent dans les arènes de Rome). Le Christianisme se développa rapidement parmi les populations berbères, prit un grand essor et dura jusqu'à l'arrivée des Arabes en 640 après J-C.

Les Arabes, après s'être emparés facilement de l'Égypte, déferlèrent vers l'ouest. Mais là, ils se heurtèrent à une opposition farouche. La résistance de Koceilah et celle de la Kahena restent célèbres et dignes d'admiration.

Le pays aux mains des Arabes, les Berbères durent s'islamiser et adopter la langue des envahisseurs. La culture berbère disparut et fut complètement oubliée par les générations qui suivirent, même quand elles formèrent des dynasties : les Almoravides et les Almahades.  

La langue Arabo-berbère : 

                  De nos jours, les Égyptiens, les Cyrénéens et les Tunisiens sont presque complètement arabisés. Il n'en est pas de même pour les Algériens et les Marocains. En Algérie et au Maroc, la population musulmane est composée de Berbères purs et d'Arabo-Berbères. Ces derniers habitent généralement les villes. Ils parlent une langue, "l'arabe parlé", constituée par un mélange de mots arabes berbérisés et de mots berbères arabisés. Un très petit nombre de ces Arabo-Berbères comprennent et écrivent la véritable langue arabe. La langue berbère est encore bien vivante. Elle est le langage de ce vieux peuple berbère qui s'est cantonné dans ses montagnes, en conservant sa langue, ses coutumes millénaires et son folklore.  

Des berbères de génie...

                  Ce peuple dont les ancêtres ont bâti les pyramides et qui, tout au long des siècles, à travers toutes les civilisations qui se sont manifestées au Nord de l'Afrique. a donné à l'humanité des chefs militaires de génie, comme Massinissa, Juqurtha, Tarik ; des philosophes éminents comme Tertullien, Plotin, Saint Augustin, et de nos jours, des techniciens de la valeur de Bou-Akouir des poètes comme Mohand O'Mehind ; des écrivains tels que Jean Amrouche, Feraoun, Sahili, Amar Naroun, Lamek, Boussaoub ; des compositeurs comme Taos Amrouche, Azzam, Mouloudji ; ce peuple ne peut demeurer un peuple mineur. Il faut qu'il reprenne ses destinées cultu­relles, développe sa civilisation et reconstitue sa grammaire. Pour cela, il doit sortir de sa stagnation, retrouver son écriture moyen d'expres­sion indispensable, car, comme l'écrit M.Eugêne Guernier : « Tout peuple qui ne possède pas de langue écrite ne peut participer que de très loin à la course universelle de l'esprit humain. »  

Grammaires berbères : 

                    De nombreuses publications et essais grammaticaux ont été élaborés par des berbèrologues éminents. Ils ont accompli un travail considérable, de recherche et de synthèse, qui force l'admiration. Ces diverses grammaires se sont avérées trop compliquées, très difficilement intelligibles et manquent de clarté. Ces travaux ont abouti à donner le visage d'une langue berbère faussement apparentée à la langue arabe.

Racines communes au grecs et au berbères :

                     La langue berbère est une langue originale : elle ne peut s'apparenter qu'à la langue grecque. Elles sont de même souche. Ce sont les deux seules langues possédant des articles analogues: O – A - To - Ta - communes. Ainsi "lumière", en langue grecque se dit "phaus" ; en berbère : "phate" (ta). De même, le mot "thalasso", en langue grecque, signifie "océan" en langue berbère,le mot "tala" signifie "source". Le mot "amokrane", qui signifie "long", "grand", a la même racine que "makros" En grec de même signification. Nous pouvons ainsi multiplier les exemples. Il n'est tout de même pas inutile de rappeler que la négation (ne... pas) est la même dans les deux langues (ou ... ara). Pour toutes ces raisons, la grammaire que nous présentons est différente de toutes celles qui ont paru à ce jour. Il était possible d'utiliser, comme caractère d'écriture, les lettres de l'alphabet grec ou de prendre

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Commentaires (16)

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